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Le contrôle par les modèles mentaux
Mental Model Control
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Le contrôle par les modèles mentaux

SystemesDans une entreprise, il existe trois formes de contrôle. Deux d’entre elles sont bien connues et la troisième, la plus puissante et qui fait le plus de dégâts, est relativement ignorée. Le contrôle primaire est la supervision directe. Le contrôle secondaire est réalisé par les programmes et les routines qui se sont mises en place. Le contrôle tertiaire est effectué par les modèles mentaux qui existent à l’intérieur et à l’extérieur de l’entreprise. Suivant le niveau d’implication du personnel dans la résolution des situations problématiques, les confrontations entre modèles mentaux ont lieu à des niveaux différents de l’entreprise.

carreLes modèles mentaux comprennent tout ce qui entre en jeu quand une personne se pose la question « Est-ce juste, ce qui vient de se dire, est-ce juste ce que je viens de voir ? ». Ils se forment à notre insu à partir de notre langue maternelle, notre milieu culturel, notre éducation religieuse ou civique, notre histoire nationale, nos expériences bonnes ou mauvaises et à partir des idées ou des idéologies que nous avons édifiées au cours de notre vie.

carreIl est de bon ton de s’élever contre la supervision directe. En même temps il est reposant de pouvoir se dire que nous avons un chef qui sait ce qu’il fait, même s’il nous fait faire une bêtise de temps à autre. Les programmes et les routines, une fois en place, sont parfois difficiles à modifier ou à améliorer mais, même dans leurs insuffisances, ils donnent un sens à la vie d’entreprise.

carreIl arrive cependant des moments dans la vie de l’organisation où ni la supervision directe ni les routines n’arrivent à résoudre les problèmes épineux qui surgissent. Dans une entreprise hiérarchique, on se hâte de faire remonter le problème à la direction. Dans une entreprise qui fonctionne par équipes autonomes, les membres de l‘équipe se réunissent pour tenter de trouver une solution par le consensus. Le consensus ne peut se former qu’à partir d’un dialogue qui permet la confrontation des modèles mentaux. Suivant le niveau d’implication du personnel dans la résolution des situations problématiques, ces confrontations ont lieu à des niveaux différents de l’entreprise. En fonction du stade d’homogénéité culturelle dans l’entreprise les débats seront plus ou moins intenses. Une entreprise très hiérarchique se crêpera le chignon au niveau du comité de direction. Une entreprise innovante dans un environnement peu stabilisé, telle que Microsoft, Motorola, Business Objects ou Intel connaîtra ces débats à tous les niveaux et particulièrement au niveau des équipes de projets.

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carreDans les deux cas, les acteurs, avertis par des expériences douloureuses mais nullement préparés par leur entreprise pour les confrontations qui vont avoir lieu, se cassent les dents sur le problème. Dans des équipes autonomes, les tensions entre personnes deviennent tellement insupportables que les boîtes informatiques qui fonctionnent par projets aux Etats-Unis connaissent un roulement de personnel qui peut atteindre 40 pour cent par an. En France, au fur et à mesure que la situation de l’emploi s’améliore, des informaticiens épuisés par ce qui semble être des réunions sans objet et sans fin vont chercher du travail ailleurs. Malheureusement, ils vont découvrir que leurs nouveaux employeurs non plus ne savent pas gérer les confrontations de modèles mentaux. Aujourd'hui les entreprises informatiques étoffent leurs équipes de recrutement. C’est plus facile de traiter les symptomues que de traiter le problème à la source.

carreAu sein des comités de direction les choses se passent différemment. Un comité de direction se trouve tous les jours mis au défi de résoudre des problèmes qui n’ont pas pu être résolus par la supervision directe ou les programmes et les routines de l’organisation. Il solutionne ces problèmes à partir des modèles mentaux et collectifs qui le constituent. Si l’ensemble du comité se sert de la même langue maternelle, a baigné dans la même culture, a les mêmes repères judéo-chrétiens, a reçu le même type d’éducation dans les mêmes grandes écoles et adhère à une même philosophie d’entreprise, une gamme de modèles mentaux similaires entrera en jeu. Il y aura bien sûr l’expression de quelques sentiments minoritaires, quelques froissements de sensibilités par ci ou par là, mais on peut penser qu’une décision à la majorité des présents se dégagera assez facilement.

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carreNéanmoins, même dans les comités de direction les plus homogènes et les plus heureux il existe des points de vue différents qui nécessiteront beaucoup de palabres pour les réconcilier à la satisfaction de tous. Ces différences d’opinions peuvent nécessiter la tenue de nombreuses réunions, parce que ce n’est qu’en réunion que les modèles mentaux peuvent se confronter afin de faire un sens collectif qui satisfera la majorité et qui sera acceptable par la minorité.

carreSi le temps nécessaire pour arriver à un consensus est jugé exorbitant ou si les discussions deviennent trop barbants pour les uns et les autres, il peut se produire trois types de réactions. Premier cas, la majorité va accepter de jouer le jeu. En écoutant la minorité, elle va mieux appréhender l’environnement de l’entreprise et la solution risque d’être bonne. Deuxième type de réaction, la majorité va empêcher la minorité de s’exprimer, elle va prendre les décisions rapides qu’elle jugera satisfaisante, mais qui ne bénéficieront pas de tous les signaux venant de l’environnement. Troisième type de réaction, un P.D.-G, ou un comité de direction ne sachant pas gérer les confrontations en son sein, va imposer une forme de supervision directe.

carreLe P.D.-G., ou l’encadrement de l’entreprise, va faire appel à un chef suprême, un superviseur direct qui ne supportera pas la moindre remise en cause de ses exigences. Il existe un choix de chefs suprêmes. Les plus populaires en ce moment s’appellent l’actionnaire et le client. Une fois le chef désigné tout semble devenir plus facile. Les décisions et les actions de l’entreprise seront dorénavant filtrées à travers le modèle mental propre à le satisfaire, ce qui va couper court aux palabres et court-circuiter la nécessité de dégager des solutions originales aux problèmes à partir des prémisses personnelles du plus grand nombre.

carreMais aujourd’hui le monde de l’entreprise est plus complexe que jamais. Il y a rarement des solutions simples. Ignorer, négliger ou ne pas profiter de la richesse des prémisses personnelles autour de soi à un coût que l’on peut comparer à l’arrivée entre les deux yeux d’un boomerang que l’on n’était même pas conscient d’avoir lancé.

carreIl est intéressant de regarder le cas de l’OPE hostile de TotalFina sur Elf Aquitaine. Le superviseur direct de Philippe Jaffré et de nombreux autres chefs d’entreprise français et étrangers, c'était l’actionnaire. Au nom de celui-ci, il est facile de prendre des décisions que l’on n’aurait pas forcément prises si l’on écoutait ses propres tripes, c’est-à-dire restructurer, tailler dans la masse salariale et transformer l’entreprise en machine à satisfaire les besoins trimestriels des analystes financiers des bourses américaines et européennes.

carreUne compréhension des trois types de contrôle permet d’expliquer comment Philippe Jaffré, en donnant l’impression de négliger l’apport des modèles mentaux de son environnement professionnel et politique en faveur de la supervision directe par l’actionnaire, se trouvait en mauvaise posture face à une OPE lancée par Thierry Desmarest de TotalFina, qui lui, par contre, semblait jouir d’une appréciation positive de la part des pouvoirs publics grâce à une bonne appréhension des modèles mentaux collectifs, et industriels et politiques.

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carreDernièrement, le lecteur de la presse américaine aurait pu penser que le choix de chef de Philippe Jaffré était payant. Il a pu remarquer comment Forbes Magazine, héraut du néo-libéralisme, lui a consacré des articles élogieux pour son redressement d’Elf en faveur de l’actionnaire sans mention aucune des mouvements sociaux au sein de l’entreprise. En même temps, la presse française faisait grand cas des mouvement sociaux et traitait par dessus la jambe tout ce qu’avait fait Monsieur Jaffré pour augmenter la rentabilité de l’entreprise.

carreThierry Desmarest, de TotalFina, par contre ne semble avoir jamais fait le nécessaire pour se porter à l’attention de Forbes Magazine. La presse française voit en Thierry Desmarest un homme de consensus. Il a laissé se confronter les prémisses personnelles et les modéles mentaux non seulement dans le comité de direction de Total mais aussi de Petrofina, ce qui, dans un environnement franco-français et franco-belge, semble avoir permis une fusion d’entreprises plutôt réussie. L’écoute du plus grand nombre de prémisses personnelles internes et externes à l’entreprise lui a fourni la variété requise qui a permis l’adaptation à un environnement où son entreprise voyait plusieurs « chefs » à satisfaire, non seulement les actionnaires, mais aussi les employés et un gouvernement qui lui, a pour chef nominal, l’électeur (y compris l’électeur de Pau).

carreOn peut chercher à éviter la confrontation des modèles mentaux en se réfugiant sous la supervision directe d’un seul chef, qu’il soit l’actionnaire, le client, le syndicat, un concurrent féroce ou les pouvoirs publics mais ce que subit Philippe Jaffré actuellement démontre que le confort intellectuel fourni par une supervision directe simpliste peut se faire payer très cher par le milieu écologique où l’on évolue. A un moment ou un autre, le pouvoir de l’inconnu, le contrôle par les prémisses personnelles et collectives reprendra la main. Les entreprises et les mouvements qui savent réconcilier les trois formes de contrôle s’en sortiront toujours le mieux.

©John Gaynard, 1999

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carreDans ses activités de conseil et ses formations intra-entreprises, Systèmes et Ressources apporte des réponses à ces questions (tout en reconnaissant que sa tâche est de donner soif à l’entreprise et non de lui donner à boire). Ses consultants peuvent signaler les environnements propices à la créativité (l’espace, le temps de réfléchir, les centres d’innovation, les ateliers de créativité). Ils peuvent faire apprendre les techniques nécessaires à définir le but recherché, comment situer ce but, comment éviter la tentation d’essayer de l’atteindre avant même qu’il ne soit défini ou que l’on sache que c’est le but adéquat et nécessaire, comment générer des approches et des solutions possibles, comment évaluer mesurer l’impact de ces solutions éventuelles, comment faire le tri final avant de sélectionner le bon ? Les idées de Karl Weick, de Peter Drucker, de James Brian Quinn, de Henry Mintzberg, de Peter Senge, de Chris Argyris, de Donald Schon et de Gareth Morgan sont les références des interventions de Systèmes et Ressources.

 

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LIENS

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Nous vous proposons ci-dessous un site qui parlent du management des connaissances. Si vous nous signalez des sites intéressants francophones nous ne manquerons pas d’y porter attention.

carrehttp://www.entovation.com/

Un site aux Etat-Unis spécalisé en "Knowledge Management"

carrehttp://www.fieldbook.com/

Le dernier site de Peter Senge, organisé autour de son livre "The Dance of Change"

 

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