Les modèles mentaux
entrent en jeu lorsqu'une une personne prononce une phrase telle que
"Non, ce n'est pas comme cela que les choses doivent se passer."
ou "Oui, c'est comme cela que l'on doit faire." Ces
modèles se
forment à notre insu: à partir de notre langue maternelle, de notre milieu culturel,
de notre
éducation, religieuse ou civique, de notre histoire nationale ou régionale,
de nos expériences bonnes ou
mauvaises et à partir des idées ou des idéologies qui nous ont séduites au cours de
notre vie. Il est de bon ton de
sélever contre la supervision directe. En même temps il est reposant de pouvoir se
dire que nous avons un chef qui sait ce quil fait, même sil nous fait faire
une bêtise de temps à autre. Les programmes et les routines, une fois en place, sont
parfois difficiles à modifier ou à améliorer mais, même dans leurs insuffisances, ils
donnent un sens à la vie dentreprise.
Il arrive cependant des moments
dans la vie de lorganisation où ni la supervision directe ni les routines
narrivent à résoudre les problèmes épineux qui
surgissent. Dans une entreprise
hiérarchique, on se hâte de faire remonter le problème à la direction. Dans une
entreprise qui fonctionne par équipes autonomes, les membres de léquipe se
réunissent pour tenter de trouver une solution par le consensus. Le consensus ne peut se
former quà partir dun dialogue qui permet la confrontation des modèles
mentaux. Suivant le niveau dimplication du personnel dans la résolution des
situations problématiques, ces confrontations ont lieu à des niveaux différents de
lentreprise. En fonction du stade dhomogénéité culturelle dans
lentreprise les débats seront plus ou moins intenses. Une entreprise très
hiérarchique se crêpera le chignon au niveau du comité de direction. Une entreprise
innovante dans un environnement peu stabilisé, telle que Microsoft, Motorola, Business
Objects ou Intel connaîtra ces débats à tous les niveaux et particulièrement au niveau
des équipes de projets.
Dans les deux cas, les acteurs,
avertis par des expériences douloureuses mais nullement préparés par leur entreprise
pour les confrontations qui vont avoir lieu, se cassent les dents sur le problème. Dans
des équipes autonomes, les tensions entre personnes deviennent tellement insupportables
que les boîtes informatiques qui fonctionnent par projets aux Etats-Unis connaissent un
roulement de personnel qui peut atteindre 40 pour cent par an. En France, au fur et à
mesure que la situation de lemploi saméliore, des informaticiens épuisés
par ce qui semble être des réunions sans objet et sans fin vont chercher du travail
ailleurs. Malheureusement, ils vont découvrir que leurs nouveaux employeurs non plus ne
savent pas gérer les confrontations de modèles mentaux. Aujourd'hui les entreprises
informatiques étoffent leurs équipes de recrutement. Cest plus facile de traiter
les symptomues que de traiter le problème à la source.
Dans les comités de direction les
choses se passent différemment. Ses membres se trouvent tous les jours mis au
défi de résoudre des problèmes qui nont pas pu être résolus par la supervision
directe ou les programmes et les routines de lorganisation. Il solutionne ces
problèmes à partir des modèles mentaux et collectifs qui le constituent. Si
lensemble du comité se sert de la même langue maternelle, a baigné dans la même
culture, a les mêmes repères judéo-chrétiens, a reçu le même type déducation
dans les mêmes grandes écoles et adhère à une même philosophie dentreprise, une
gamme de modèles mentaux similaires entrera en jeu. Il y aura bien sûr lexpression
de quelques sentiments minoritaires, quelques froissements de sensibilités par ci ou par
là, mais on peut penser quune décision à la majorité des présents se dégagera
assez facilement.
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Néanmoins, même dans les comités
de direction les plus homogènes et les plus heureux il existe des points de vue
différents qui nécessiteront beaucoup de palabres pour les réconcilier à la
satisfaction de tous. Ces différences dopinions peuvent nécessiter la tenue de
nombreuses réunions, parce que ce nest quen réunion que les modèles mentaux
peuvent se confronter afin de faire un sens collectif qui satisfera la majorité et qui
sera acceptable par la minorité.
Si le temps nécessaire pour
arriver à un consensus est jugé exorbitant ou si les discussions deviennent trop
barbants pour les uns et les autres, il peut se produire trois types de réactions.
Premier cas, la majorité va accepter de jouer le jeu. En écoutant la minorité, elle va
mieux appréhender lenvironnement de lentreprise et la solution risque
dêtre bonne. Deuxième type de réaction, la majorité va empêcher la minorité de
sexprimer, elle va prendre les décisions rapides quelle jugera satisfaisante,
mais qui ne bénéficieront pas de tous les signaux venant de lenvironnement.
Troisième type de réaction, un P.D.-G, ou un comité de direction ne sachant pas gérer
les confrontations en son sein, va imposer une forme de dictature.
Le P.D.-G., ou lencadrement
de lentreprise, va faire appel à un chef suprême, un superviseur direct qui ne
supportera pas la moindre remise en cause de ses exigences. Il existe un choix de chefs
suprêmes. Les plus populaires en ce moment sappellent lactionnaire
et le client. Une fois le chef désigné tout semble devenir plus facile.
Les décisions et les actions de lentreprise seront dorénavant filtrées à travers
le modèle mental propre à le satisfaire, ce qui va couper court aux palabres et
court-circuiter la nécessité de dégager des solutions originales aux problèmes à
partir des prémisses personnelles du plus grand nombre.
Mais aujourdhui le monde de
lentreprise est plus complexe que jamais. Il y a rarement des solutions simples.
Ignorer, négliger ou ne pas profiter de la richesse des prémisses personnelles autour de
soi à un coût que lon peut comparer à larrivée entre les deux yeux
dun boomerang que lon nétait même pas conscient davoir lancé.
Qui sommes-nous ?
On peut chercher à éviter la
confrontation des modèles mentaux en se réfugiant sous la supervision directe dun
seul chef, quil soit lactionnaire, le client, le syndicat, un concurrent
féroce ou les pouvoirs publics. Mais le confort intellectuel fourni par une supervision directe
et réducteur peut se faire
payer très cher. A un moment ou un autre,
le pouvoir de linconnu, le contrôle par les prémisses personnelles et collectives
reprendra la main. Les entreprises et les mouvements qui savent réconcilier les trois
formes de contrôle sen sortiront toujours le mieux.
©John Gaynard, 1999-2008
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Dans
ses activités de conseil et ses formations intra-entreprises, Systèmes et Ressources
apporte des réponses à ces questions (tout en reconnaissant que sa
tâche est de donner soif à lentreprise et non de lui donner à boire). Ses
consultants peuvent signaler les environnements propices à la créativité
(lespace, le temps de réfléchir, les centres dinnovation, les ateliers de
créativité). Ils peuvent faire apprendre les techniques nécessaires à définir le but
recherché, comment situer ce but, comment éviter la tentation dessayer de
latteindre avant même quil ne soit défini ou que lon sache que
cest le but adéquat et nécessaire, comment générer des approches et des
solutions possibles, comment évaluer mesurer limpact de ces solutions éventuelles,
comment faire le tri final avant de sélectionner le bon ? Les idées de Karl Weick,
de Peter Drucker, de James Brian Quinn, de Henry Mintzberg, de Peter Senge, de Chris
Argyris, de Donald Schon et de Gareth Morgan sont les références des interventions de Systèmes
et Ressources.
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