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Créativité individuelle et créativité en groupe? 
                 When to favor individual or group creativity
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"Certains employés qui ont un potentiel créatif extraordinaire sont aussi des personnages très difficiles et ils sont très difficiles à manager.  Il est plus facile de les écarter du groupe que de les intégrer.  Néanmoins, pour avoir des réponses créatives il est absolument nécessaire d'apprendre à savoir vivre avec eux."

SystemesLa recherche universitaire française, américaine et britannique sur la créativité et l’innovation en groupe a tiré maintes leçons de l’expérience de ces dernières années (Paulus à l’université de Texas, Deborah Ancona et Michael Schrage à MIT, Jane Henry à l’OUBS en Angleterre, moi-même et mes collègues en France, au Royaume-Uni et en Belgique). La psychologie évolutionniste (Edward O. Wilson, Steven Pinker) jette une autre lumière utile sur ce que l’on peut espérer ou ne pas espérer de la créativité en groupe. Quant à la créativité individuelle, les recherches sur l’autisme de Simon Baron-Cohen ont abouti au concept du « cerveau mâle extrême ». 

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carreCréativité individuelle ou créativité en groupe ?

La recherche universitaire américaine et britannique sur la créativité et l’innovation en groupe a tiré maintes leçons de l’expérience de ces dernières années (Paulus à l’université de Texas, Deborah Ancona et Michael Schrage à MIT, Jane Henry à l’OUBS en Angleterre, moi-même et mes collègues en France, au Royaume-Uni et en Belgique). La psychologie évolutionniste (Edward O. Wilson, Steven Pinker) jette une autre lumière utile sur ce que l’on peut espérer ou ne pas espérer de la créativité en groupe. Quant à la créativité individuelle, les recherches sur l’autisme de Simon Baron-Cohen ont abouti au concept du « cerveau mâle extrême ». Ceci démontre que certains employés qui ont un potentiel créatif extraordinaire sont aussi des personnages très difficiles et leurs personnalités peuvent les écarter des groupes.

Donc, la première question à poser, lorsqu’on est à la recherche d’idées nouvelles, est la suivante : « Faut-il faire travailler un groupe ou faire travailler certains individus seuls ? » Si le choix est de faire travailler un groupe, on doit tenir compte des enseignements de la recherche et de l’expérience des praticiens, ainsi que les enseignements de la psychologie évolutionniste. Si on décide de faire travailler un ou plusieurs individus, dans un premier temps on doit les repérer, dans un deuxième temps on doit leur donner le projet adéquat et dans un troisième temps on doit les protéger, souvent contre le groupe. Aujourd’hui il existe des inventaires permettant l’identification de ces individus. Il faut ensuite les protéger.

carreLes individus difficiles et créatifs

D’où viendrait ce besoin de protéger les individus créatifs contre le groupe ? Les travaux récents de Simon Baron-Cohen en donnent une idée. Baron-Cohen est un psychologue qui travaille au Royaume-Uni. Il a démontré que l’autisme est une maladie génétique qui donne lieu à ce qu’il a nommé le « cerveau mâle extrême ». Il a développé un outil de mesure du degré de présence de traits autistiques chez l’adulte. Armé de sa recherche et de ses conclusions, Baron-Cohen suggère que de nombreux innovateurs ou génies (Einstein, Newton) auraient pu être atteints du syndrome d’Asperger, qui fait partie de l’extrémité « haute » du continuum autistique.

Des personnes qui "souffrent" du syndrome d’Asperger ont un QI (quotient intellectuel) global souvent supérieur à la normale, mais une intelligence émotionnelle inférieure à la normale. Il leur manque un bon fonctionnement social dû aux autres troubles liés au syndrome, tels que des difficultés dans les relations avec les autres. Ce sont des personnes qui n’arrivent pas à faire de « la psychologie ordinaire ». Soit elles ne perçoivent pas un "message"  soit elles n’arrivent pas à l’interpréter correctement. Elles ont aussi du mal avec la communication verbale, le contact des yeux, les mouvements corporels et les expressions du visage. Elles ont une absence visible d'émotions sociales. Elles font de nombreuses "gaffes" en groupe et souffrent du rejet ainsi occasionné.

carreMais ces personnes peuvent être fascinées par des objets et des technologies, avoir une fixation sur un sujet jusqu’à l’obsession et une patience qui favorise la créativité adaptive. 

Baron-Cohen explique que le cerveau « mâle extrême » ne se manifeste pas uniquement chez les hommes. Il peut aussi être possédé par des femmes, tout autant que certains hommes peuvent être victimes du syndrome de Williams, qu’il décrit comme une manifestation du « cerveau féminin extrême ». Les enfants atteints du syndrome de Williams souffrent notamment de problèmes moteurs et perceptuels, mais ils disposent d’une très grande facilité de parole. A l’opposé des autistes ou des adultes atteints du syndrome d’Asperger, ils sont pour la plupart amicaux et ouverts.

Tout ingénieur ou designer qui a travaillé avec un collègue brillant mais particulièrement difficile connaît le danger que ce collègue encourt. Son comportement va plus facilement mener à son exclusion du groupe qu’à l’approbation et à l’acceptation de ses idées. Mais si une entreprise veut innover il faut pouvoir cultiver toutes sortes de diversités en son sein. Il serait sage qu'elle mette en place non seulement des coaches pour aider ce genre d’individu créatif à vivre en groupe mais aussi des champions qui pourront faire connaître et vendre en interne les idées des individus difficiles à vivre. 

carreLa créativité en groupe

Une des trouvailles de la psychologie évolutionniste est que l’altruisme et la réciprocité au sein du groupe ont été valorisées par nos civilisations depuis plusieurs centaines de milliers d’années. La recherche d’un statut honorable fait partie de l’activité humaine depuis plusieurs millions d'années.  Jusqu’à des temps très récents l’action individualiste a toujours été punie, sauf si les membres d'un groupe voyait dans le comportement de l’individu une manière de les rendre tous plus forts. L'exemple du « berserker » viking va dans ce sens. Sa folie meurtrière avait sa place sur les champs de bataille mais on se méfiait énormément de lui en temps de paix.

Il se peut même que la sélection naturelle ait joué en faveur des individus coopératifs qui ont pu rester néanmoins vigilants à tout « profiteur » parmi eux. Si le comportement du profiteur n’était pas sanctionné au sein du groupe, il pouvait donner des idées aux autres qui eux aussi se mettraient à profiter au lieu de travailler.

Ce besoin d’acquérir un statut parmi les siens, d’être à la fois altruiste et vigilant quant aux éventuels profiteurs, a fait en sorte que les individus, même aujourd’hui, maintiennent une conscience accrue à l’intérieur des groupes de travail. Ils cherchent des situations pour montrer leur volonté de coopérer, ils restent vigilants quant aux gens qui pourraient profiter d’une situation rassemblant des gens de bonne volonté et ils sont conscients que chaque parole peut augmenter ou diminuer leur statut aux yeux de ceux à qui ils veulent donner une bonne impression.

Des séances de brainstorming classique ou des séries de jeux ludiques peuvent améliorer la cohésion d’une équipe par le simple fait de permettre aux uns et aux autres de faire preuve de bonne humeur, de s’observer afin de se faire une opinion, bonne ou mauvaise, des autres membres du groupe pendant deux jours, dans un endroit éloigné du lieu de travail habituel.

Le même fonctionnement psychologique peut, par contre, s’avérer contre-productif lorsqu’il s’agit de faire émerger des idées nouvelles. Le besoin primitif de positionnement vis-à-vis des collègues, des supérieurs hiérarchiques ou des subordonnés place la génération d’idées nouvelles au deuxième plan. D’où le sentiment exprimé sincèrement après certaines séances de brainstorming, lorsque très peu d’idées originales ont été produites, que cela a été un succès. En effet, ce qui a produit la sensation de contentement est que chacun a pu profiter d’une plage de temps pour faire de la psychologie ordinaire et se rassurer quant à sa position dans le groupe.

Avant toute séance de brainstorming, la personne qui va animer le groupe doit comprendre le but recherché et le ramener à une problématique exprimée en une phrase. S'agit-il de renforcer la cohésion du groupe, éventuellement de résoudre des conflits, ou s'agit-il de générer des idées nouvelles ou de réduire des coûts ? S’il s’agit de faire une cohésion d’équipe, une situation doit être créée qui permet à chacun de soigner la qualité de ses réponses.

Par contre, s'il s’agit plutôt de générer des idées nouvelles, la situation doit permettre la mise en veilleuse de la psychologie ordinaire, cette recherche et analyse de « signaux sociaux ». En l’absence de tout jugement, il est nécessaire de laisser se générer une quantité énorme d’idées mauvaises, farfelues et hors sujet afin que l’une ou deux d’entre elles deviennent la bonne. Il a été démontré que des personnes créatives sont au meilleur de leur créativité lorsqu’elles génèrent une multiplicité d’idées. L’évaluation de la qualité des idées peut venir plus tard.

En séance de créativité, il est recommandé d’alterner travail individuel et travail en groupe. Il devrait être maintenant bien connu que le bon vieux brainstorming autour d’un « paperboard » ne produit pas de bons résultats. A sa place, il faut se servir de techniques telles que le « brainwriting » ou le « 5-3-5 » où les participants peuvent écrire de manière individuelle sur des post-its, des feuilles de papier ou des écrans électroniques et démultiplier les idées de leurs collègues. Il faut aussi placer des pauses nombreuses tout au long de la journée, afin de susciter des pistes nouvelles. C’est au moment où les participants pensent qu’il ne reste plus rien dans leurs têtes que sortent les meilleures idées.

Mais la meilleure idée du monde a toujours besoin du support d’un champion dans l’entreprise qui sait ce qu’il faut faire pour influencer ou persuader la hiérarchie de l’adopter. Si le champion se trouve à la tête, ou collaborateur d’un Bureau d’innovation, non seulement chargé de capter les idées, mais aussi de les filtrer avant de dénicher les ressources pour les mettre en oeuvre et de les capitaliser au niveau de l’entreprise, c’est encore mieux.

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LIENS ET ARTICLES

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Nous vous proposons ci-dessous quelques sites qui parlent de la créativité et de l’innovation. 

carrehttp://www.centre-iris-creativite.com : Le site du Centre Iris à Paris, avec qui John Gaynard collabore pour des formations en méthodes et techniqes de Créativité.

carrehttp://www.edge.org : pour tout savoir sur la psychologie évolutionniste, en anglais.

carrehttp://www.edge.org/3rd_culture/bios/baroncohen.html : un interview avec Simon Baron-Cohen, en anglais.

carrehttp://www.autismresearchcentre.com/arc/ : The autism research centre at Cambridge University in the United Kingdom.  There is also information about Asperger's syndrome on this site. 

 

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